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Hautes études internationales

Mercredi 14 mars 2018 de 15 h 20 à 16 h 20

Séminaire sur la mutation de l'islam en Afrique au Sud du Sahara - Activité du CIRAM

Lieu : Local 813, Pavillon Félix-Antoine-Savard, Université Laval

Ce séminaire est organisé par le  le Centre interdisciplinaire de recherche sur l'Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM), en collaboration avec la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval.

Il sera donné par le Prof. Richard Filakota, docteur en sociologie des religions (Paris IV – Sorbonne et École des Hautes études de sciences sociales) et est ouvert à toute personne intéressée.

On peut participer à l’ensemble du séminaire ou à l’une ou l’autre de ses séances. Si l’on veut s’inscrire au Séminaire et le faire valider, on est prié de prendre contact avec le conseiller à la gestion des études de sa faculté ou de son département.

Les quatre premières séances du séminaire sur les mutations de l’islam en Afrique au sud du Sahara visent à faire le point sur ce phénomène sociétal et religieux qui nous touche de près ou de loin. 

La première heure de chaque séance du séminaire, donnés tous les mercredi jusqu'au 14 mars, de 15h30 à 16h20 (local FAS – 813), comporte d’abord un exposé. Elle est suivie d’un débat, éventuellement du travail sur un texte.

 

Argumentaire

La géopolitique analyse la complexité de l’état du monde, surtout des relations internationales en pleines mutations, où à côté des acteurs traditionnels comme les États, les puissances mondiales, les organisations internationales, apparaissent sans cesse de nouveaux acteurs parfois transformateurs, parfois perturbateurs qui cherchent à frayer leur chemin dans la galaxie complexe des relations internationales[1].

Dans ces rapports de force, on peut assister à des scénari entre ceux qui font bouger les lignes en matière économique, politique et sociale, comme les États-Unis, la Russie, la Chine, le Brésil, l’Iran, la Turquie et les trouble-fête, les perturbateurs comme les activistes djihadistes qui entrent dans la catégorie des acteurs non étatiques (ANE). Si par le passé, la géopolitique a tendance à négliger les facteurs religieux, avec le retour en force aujourd’hui de la religion sur la scène publique et internationale, la tentation est grande de succomber à la survalorisation de la composante religieuse dans les débats en cours portant sur le terrorisme religieux. De quelle manière les religions entrent-elles dans les facteurs géopolitiques ? S’agissant particulièrement de l’islam, comment cette religion, à travers ses différentes composantes ou variantes, interfère-t-elle dans les rapports de force entre les puissances économiques, politiques et religieuses qui tentent de se positionner sur le continent africain ?

 

Le programme des séances est le suivant:

1. Le Bassin du Lac Tchad au cœur d’un réformisme rigoriste de l’islam (17 janvier)

Le passage de l’islam à dominante soufie ou confrérique, plus proche de la culture locale et de l’establishment sociopolitique, à un islam radical, plus contestataire, qui ambitionne de réformer toute la société, de promouvoir un nouvel ordre politique, ne va pas sans poser de problèmes, dans le rapport entre le politique et le religieux, notamment en Afrique au Sud du Sahara, plus particulièrement dans le bassin du Lac Tchad.

2.      Le Lac Tchad : entre migration territoriale, contrôle des ressources et violences (24 janvier)

Depuis quelques années, le Bassin du Lac fait face à de sérieux problèmes de violence et d’insécurité, à cause de la présence de Boko Haram, un mouvement islamiste à connotation politique. Très actif sur la scène sociale, culturelle, religieuse et voire politique au Nigeria, ce mouvement religieux, en marge de la grande constellation des confessions et entités religieuses que représente le champ religieux au Nigeria, se donne pour mission de combler le vide laissé par un Etat en mal de gouvernance.

3.      Boko Haram et la problématique de l’école occidentale (31 janvier)

La dénonciation de l’école occidentale est au cœur de la réforme sociétale qu’entend promouvoir Boko Haram, au sens où cette institution scolaire véhicule une culture qui va à l’encontre de la culture islamique. Majoritairement musulman, le nord Nigeria, tout comme le nord Cameroun, a toujours préféré l’école coranique à l’école classique, en raison de son attachement à l’éducation islamique, censée favoriser le développement harmonieux et intégral de l’homme (physique, intellectuel, moral et spirituel)

4.      Boko Haram, entre géopolitique, géostratégie et géo-économie (7 février)

Boko Haram apparait comme un mal nécessaire. Tout le monde le redoute, mais certaines puissances économiques et politiques s’en servent, pour arriver à leurs fins hégémoniques, politiques, économiques et sociales.

5.      La gestion de l’insécurité entre le Nigeria et le Cameroun (14 février)

Le phénomène Boko Haram est un marqueur social et politique, mettant en lumière les échecs de la colonisation et de la modernisation capitaliste, dans les Etats-nations nés des indépendances, mais soulève le voile sur la difficile gouvernance économique, le grand retard pris dans le développement humain et les limites de la politique sécuritaire, aussi bien au plan national qu’au plan sous régional. Le phénomène Boko Haram renseigne sur la difficulté, entre le Nigeria et le Cameroun, de gérer efficacement deux mille trois cents kilomètres de frontières, depuis le lac Tchad, au nord, à la côte atlantique, au sud.

6.      Mouvements islamistes radicaux et processus de dé-laïcisation en Afrique subsaharienne (21 février)

Ayant échoué à confiner le religieux dans la sphère privée, l’Etat moderne et démocratique, non seulement, peine aujourd’hui à gérer le fondamentalisme religieux, dans toutes ses formes et ses expressions, mais est aussi désemparé pour établir un rapport serein avec le fondamentalisme djihadiste, résolument tourné vers un projet politique d’inspiration révolutionnaire. Du global au local, les exemples ne manquent pas pour illustrer ce rapport tensionnel et dynamique entre ces deux univers (le politique et le religieux) aux frontières complètement brouillées.

7. Djihadisme et question identitaire dans un monde globalisé (28 février)

Cette séance sera consacrée à la problématique de la question identitaire abordée sous l’angle du rapport dialectal entre la mondialisation néolibérale et la globalisation islamo-djihadiste. Il s’agit d’un travail de déconstruction consistant à confronter le contexte actuel d’une mondialisation en perte de vitesse (fin de cycle) et d’une montée en puissance de la globalisation islamique version djihadiste.

8. Restaurer l’ordre mondial par le Djihad (14 mars)

Des salafistes radicaux (réformateurs purs et durs) estiment que le monde est tombé dans la décadence, par conséquent il faut promouvoir l’avènement d’un monde nouveau, où l’islam orthodoxe, celui du temps des Califes est censé retrouver toute sa place. A côté de ses réformateurs purs et durs, il y a des modérés qui proposent une réforme moderniste de l’islam, un islam ouvert à la modernité et aux mutations à l’œuvre dans le monde. Tous ces courants traversent encore l’islam aujourd’hui, mais ce sont les radicaux qui sont hyper médiatisés à cause de leurs actions terroristes.

 

Information : Professeur Richard Filakota; richard.filakota@wanadoo.fr

 

 

 



[1] Editorial, Question internationales, n° 63, septembre-octobre 2013, p. 1.

 

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